Un après-midi brésilien pour le SIIVU de la Haute Siagne

Lundi 13 mars 2017, 14h30.

Le SIIVU de la Haute Siagne reçoit dans ses locaux, à Saint-Cézaire-sur-Siagne, la visite d’une délégation brésilienne de l’Agence Régulatrice de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Énergie du District Fédéral – ADASA et de la Compagnie d’Eau et Assainissement du District Fédéral (Brasilia).

M. BOURLON de l’Office Internationale de l’Eau (OIEau) a sollicité Mme MOHEN, chargée de mission SAGE au SIIVU de la Haute Siagne, pour un après-midi d’échanges.

Face aux enjeux actuels dans le District Fédéral et dans le bassin du Paranaiba, le personnelde l’ADASA a suivi une formation auprès de l’OIEau axée sur la gestion intégrée des ressources en eau et des bassins versants, ainsi que la gestion de retenues d’eau à usage multiple.

Sitôt arrivé et fourmillant de questions, chacun prend place autour de la table pour une présentation du bassin versant de la Siagne, un exemple concret de gestion locale et concertée des ressources en eau.

Connaître le territoire, base d’une gestion adaptée

 

Animateur du site Natura 2000 et porteur du SAGE, le SIIVU de la Haute Siagne, partage avec enthousiasme son expérience reconnue de gestionnaire de l’eau et de l’environnement autour d’une carte du territoire.

 

La chargée de mission SAGE évoque les particularités du territoire : bassin karstique, climat méditerranéen, superficie d’environ 550km², forte attractivité touristique en été, prélèvements pour l’eau potable très présents, contraste des paysages (ruraux/urbains, montagnard/littoral), territoire interdépartemental, richesse écologique, etc…

Nombre de ces éléments font échos chez ces gestionnaires brésiliens, sur un bassin versant toutefois bien plus vaste (le bassin du Paranaíba a une superficie de 220 000 km² et le District Fédéral couvre un territoire de 5 800 km²).

 

L’accent est mis sur le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) de la Siagne et son fonctionnement. Le SAGE est un document permettant de planifier la gestion de la ressource en eau sur le long terme. Spécialité française qui a fait ses preuves, l’outil SAGE, définit les objectifs de gestion en concertation avec l’ensemble des acteurs réunis au sein d’une Commission Locale de l’Eau (CLE).

Désireux de s’imprégner du fonctionnement de cet outil de gestion, les membres de la délégation n’hésitent pas à interpeller la chargée de mission sur les « difficultés rencontrées et les solutions pour y remédier ».

 

Le bon mot pour le dire

 

La communication : la chargée de mission SAGE explique que c’est un élément central dans la mise en place de ce type de projet de territoire.

Encore faut-il que chacun s’entende sur les termes à employer. Un des principaux conseils délivré aux membres de la délégation brésilienne est de clarifier les notions avant que les quiproquos et les libres interprétations prennent le pas lors des réunions. On ne saurait trouver meilleur exemple que celui de l’étude du diagnostic de la ressource en eau du SAGE. Débits biologiques et débits réservés, l’une théorique, l’autre réglementaire, ces deux notions ont longtemps été confondues à tort. Installant la crainte bien ancrée chez les préleveurs d’eau d’une diminution drastique des autorisations de prélèvements pour respecter les débits biologiques.

Ces termes sont dorénavant bien définis, et le SAGE se poursuit sur des bases solides.

Prendre en compte les projections futures

 

« Comment sont intégrées les projections telles que le réchauffement climatique ? »

Voilà une question qui sans nul doute, réunit nos 2 bassins… Une des deux études fondamentales pour la construction du SAGE est l’étude « État des lieux.». Elle dresse un bilan de l’état du territoire selon plusieurs thématiques : qualité de l’eau, agriculture, assainissement, démographie, etc, et en identifie les tendances d’évolutions.

Ainsi, les différents scénarios d’évolution du climat, qui pourraient se traduire par des sécheresses plus intenses, sont intégrés à la réflexion. Encore mal acceptée, voire rejetée, – tout comme au Brésil – cette évolution possible doit là encore faire l’objet d’un travail de communication afin d’anticiper chaque scénario.

Retenues d’eau et multi-usages

 


De nombreuses retenues d’eau concentrent des usages socio-économiques et environnementaux très présents, c’est le cas du lac de Saint-Cassien.

Il assure un rôle d’écrêtement des crues, de lutte contre les incendies, de refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux (réserve de Fondurane). Très fréquenté en été, il est au cœur de nombreuses activités récréatives et touristiques.

Mais comme à Brasília, le lac de Saint-Cassien a un usage d’alimentation en eau domestique et agricole des populations et de production d’hydroélectricité.

 

« La ville de Brasília subit actuellement une sécheresse exceptionnelle qui affecte le bassin versant de la retenue de Descoberto, construite pour l’adduction d’eau potable de Brasília. De plus en plus utilisée pour l’irrigation, les conflits d’usages sont importants. Nous avons une autre retenue dans Brasília, le lac Paranoa, initialement à vocation hydroélectrique servira aussi dans le futur à l’alimentation en eau potable. »

En gestion intégrée de bassin versant, ces plans d’eau sont des milieux particuliers qu’il convient d’aborder bien entendu dans leur singularité, mais également dans la gestion globale du bassin versant.

En ce qui concerne le lac de Saint-Cassien, il est opportun de prendre en compte les usages récréatifs afin notamment de veiller à la sécurité et au maintien de la qualité de l’eau. A ce jour, il n’existe pas d’étude de fréquentation sur le bassin versant de la Siagne, mais le SAGE se saisit de la problématique par une première enquête sur les activités touristiques estivales.

 

 

2017-04-11T11:20:49+00:00 10 avril 2017|Médias|